Pourquoi éviter le pourquoi?

Pourquoi éviter (le) pourquoi ?


Souvent, lorsque nous nous trouvons face à un problème avec des enfants, nous nous demandons “pourquoi” et demandons aux enfants: “pourquoi fais-tu ci?”, “pourquoi fais-tu ça?”, etc. Et pourtant, en posant ce genre de questions, nous nous mettons une épine dans le pied. Voici pourquoi et surtout quelles alternatives s’offrent à nous.

Pourquoi éviter le Pourquoi?

Les humains sont des êtres vivants qui ont tendance à chercher les causes. La recherche du pourquoi se trouve très souvent être le sujet central lors de conflits. La question du “Pourquoi” a pour but de comprendre “comment ils sont arrivé à se disputer” et donc à trouver “Qui a raison” et “Qui a tord” dans l’histoire et donc qui doit faire des excuses à qui. Nous perdons énormément de temps en cherchant ce pourquoi.

Cependant, dans certains cas, il n’est aucunement utile de demander pourquoi. Par exemple: aucune raison n’est valable pour les insultes, les moqueries ou la violence. Peu importe la situation, nous ne pouvons pas accepter ce genre de réaction. Discuter sur pourquoi cette violence s’est produit, ça revient à débattre si la personne était légitime (ou non) d’utiliser la violence.

Une de mes expériences…

J’ai eu le cas précédemment d’un groupe d’enfants qui racontait à tous les autres ce qui s’était passé lors de la journée. En faisant ça, ils faisaient tourner une rumeur sur autre enfant. Et comme mécanisme de défense, au premier prétexte, cet enfant a rétorqué aux filles que l’une était une menteuse, l’autre une tricheuse et la dernière une doubleuse.

En demandant le pourquoi du comment à chacun des enfants, ils pouvaient tous justifier leurs actes. Tout était à mon sens compréhensible et pourtant, ils étaient tous très émotionnellement touché par la situation. Nous avons perdu beaucoup de temps sur le pourquoi du comment.

Et ensuite, que faire? Qui doit s’excuser ou réparer son erreur? Il m’était impossible de trancher. Je leur ait expliqué à tous ce que les uns et les autres dans la situation ressentait afin qu’ils comprennent qu’ils sont tous autant touché par la situation et que deux versions différentes des choses peuvent être l’une comme l’autre vraies. (Car le groupe pensait que ce garçon était amoureux et voulait embrasser une des filles du groupe et le garçon en question disait que c’était une blague).

Les questions les plus importantes sont arrivées au bout de 20-30 minutes de débat: “Qu’est-ce que l’on peut faire à présent pour régler le différent?” et “Que pourrions-nous faire dans l’avenir pour que cette situation ne se reproduise plus?”.

Épuisés par la longueur de la conversation et distrait par les autres enfants qui jouaient à côté, les questions ont été très vite répondues, mais surtout elles ont été bâclées.

 

Une histoire d’investissement….

Il est donc plus intéressant d’investir son temps et énergie à trouver une solution. Car si toute l’énergie se porte sur la question du pourquoi d’un acte (qui appartient déjà au passé et donc que l’on ne peut pas supprimer), on a plus du tout d’énergie pour répondre à la question “Que peut-on faire maintenant par rapport à la situation présente?”, ni à la question: “Que pouvons-nous faire dans le futur pour que cette situation ne se reproduise plus?”. Et surtout, ça laisse sous-entendre à l’enfant qu’un affront est possible et donc que la violence (verbale comme physique) peut être acceptée (sous certaines conditions), ce qui n’est pas du tout le cas !

Qui n’a jamais été face à un enfant qui pointe un autre enfant du doigt en disant qu’il est nul ou moche? Et là, si on demande pourquoi il dit ça, il peut le justifier: “Parce qu’il est nul, il n’a que des mauvaises notes”, “Parce qu’il n’arrive pas à attraper de balles et perd”, “Parce qu’il a je ne sais quoi sur le visage”, etc… Et face à une telle situation, qu’est-il possible de répondre? “Oui, tu as raison, mais on ne dit pas ça car ça blesse l’autre” ????

Il est primordial, je le répète que l’enfant comprenne qu’il n’y a AUCUNE raison qui JUSTIFIE une VIOLENCE telle quelle soit !

Alors quelle réaction avoir?

Ici, nous voulons trouver une solution face au problème. Et cette solution doit venir de la personne qui utilise la violence comme outil. Elle doit donc trouver d’autres moyens d’extérioriser ses émotions sans blesser pour autant une autre personne. Ce n’est pas à l’autre personne de trouver ces outils, car ils sont propres à chacun.

S’il a du mal à trouver, vous pouvez lui donner des pistes. Mais le choix de l’outil appartient à l’enfant !

Ne pas oublier de féliciter l’enfant.

Il n’est pas facile de changer ses habitudes (surtout lorsqu’elles sont mauvaises !). C’est pourquoi il est important de montrer à l’enfant que nous voyons ses progrès et efforts (même si parfois, il replonge dans ses vieux travers…) et surtout que nous sommes fier de lui. Cela permettra de l’encourager à continuer dans cette voie !

Je dois dire que ce livre est écrit pour les professeurs qui se trouvent face à un enfant qui les agresse (par exemple: qui les insulte). Et pas particulièrement face au problème entre deux enfants. J’ai trouvé cette partie du livre tellement intéressante que j’utilise le principe d’éviter (ou du moins, de réduire le temps passé sur) le “pourquoi” dans des conflits comportant de la violence (verbale ou physique) entre les enfants. Car dans la pédagogie auprès des enfants, il y a certaines choses que nous n’acceptons pas quelque soit le contexte (que ce soit envers un adulte ou un autre enfant).
Bien-sûr, il est important de comprendre ce qui s’est passé pour arriver à une situation telle afin que la situation ne se reproduise plus et c’est pourquoi la question du: “Comment faire la prochaine fois afin que ce conflit ne revienne pas?” est très importante.

Il est difficile pour les adultes aussi de changer ses vieilles habitudes, mais c’est possible ! Essayez de les changer et si vous retombez dans vos vieux travers, ne soyez pas trop dur avec vous-même. Le principal est de faire de son mieux. Et si vous n’avez réussi à changer que 1%, c’est déjà 1% de mieux !
Le changement, ça prend du temps,
Courage !

Littérature:

Keine Beleidigungen mehr ! (Respektvolles Miteinander im Unterricht) S. 80 – 90


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comment 1 commentaire
  • Claire

    Très intéressant, merci pour cet éclairage ! C’est tellement spontané de chercher à comprendre « pourquoi », je n’avais pas pensé aux conséquences !

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