Pardon, c’est du bull-shit ! Les excuses qui ont tort…

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Bonjour et bienvenue dans les Activités En Pédagogie. Aujourd’hui, nous allons parler des excuses, de leurs significations ainsi que de leurs efficacités.

Je ne sais pas vous, mais souvent je suis témoin d’adultes demandant aux enfants de s’excuser afin de régler un conflit. Les enfants font la grimaces, lèvent les yeux en l’air et lancent un “désolééééé !” sans aucune conviction. Ensuite, chacun part de son côté et c’est fini. L’adulte est heureux, le problème est résolu, mais en fait, les excuses sont du bull-shit !

Je ne veux pas juger ces adultes, car j’en fait moi-même parti. C’est comme une réaction réflexe chez chacun de nous, mais voyons de plus prés ces fameuses excuses et pourquoi est-ce que nous devrions changer cette façon de faire.

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conflits – faire des excuses

Quelles émotions évoquent les excuses?

En général, les enfants s’excusent parce qu’un adulte le leur demande (ou parce qu’il sait que c’est ce que nous attendons d’eux). Ils le disent sans sincérité (ils soupirent, lèvent les yeux au ciel, le disent sous un ton pas du tout adapté au contexte, etc…), au point que parfois nous leur demandons de s’y reprendre à plusieurs fois afin d’obtenir des excuses un peu près potable.

L’enfant qui présente des excuses, n’en a franchement pas envie, ne comprend pas vraiment pourquoi il doit le faire, ni en quoi cela résout le problème. Il ressent même de la rancune envers l’adulte qui l’oblige de faire quelque chose dont il n’a pas envie.

L’enfant qui reçoit les excuses, lui, reçoit des excuses plus que moyen. Au final, il reste frustré et déçu des conséquences !

Au final. ils s’excusent sans vraiment le penser (aucune émotion, aucune signification) et provoque que de la colère et de la rancune.

Les excuses ne font que raviver le feu !

Les excuses que se font les enfants sont rarement sincères et ont rarement du sens. Le conflit est réglé pour quelque minutes. Et les 5 minutes plus suivantes, ils se disputent de nouveau à propos des mêmes choses. Le conflit passe même à un niveau supérieur !

Les excuses n’ont pas du tout réglées le problème, loin de là. Les tensions, incompréhensions et désaccords sont toujours présents.

Les excuses règlent les problèmes seulement sur le très court terme… Et la suite peut être encore pire !

Exiger à un enfant de faire des excuses, c’est Absurde et HYPOCRITE !

Les adultes demandent aux enfants de s’excuser pour un “oui”, comme pour un “non”. Mais combien de fois vous êtes vous excusé auprès des enfants ou d’autres adultes lorsque vous avez commis une erreur?

Dans le monde des adultes, le fait de reconnaitre ses erreurs et de s’excuser est une marque de faiblesse. Et donc, pour ne pas perdre la face, les adultes ferment les yeux sur ses propres erreurs, les ignorent ou même les cachent afin de ne jamais faire d’excuses.

Si les adultes ne s’excusent pas, pourquoi est-ce que les enfants devraient le faire?

Que faire alors ?

 

En amont:

Avant que la situation se présente, il est possible de la faire disparaître ou diminuer le risque d’apparition de ces derniers. Pour cela, il est possible de faire plusieurs choses au sein du groupe:

  • thématiser la vie en collectivité (les règles qui semblent importantes dans ce groupe afin de se respecter au mieux),
  • présenter des règles simples à suivre pour régler un conflit afin que les enfants apprennent à régler leurs conflits par eux-même,
  • montrer l’exemple en reconnaissant ouvertement ses propres erreurs et en s’excusant si nécessaire.

En situation:

Malgré le travail en amont, une situation de conflit se présente. Là aussi, il y a plusieurs possibilités face à vous:

Laisser les enfants régler leurs conflits par eux-même.

Il est important que les enfants aient la possibilité de régler leurs conflits par eux-même, car c’est un apprentissage qui leur sera utile dans le futur et qui nous permet aussi à nous adulte d’intervenir de moins en moins souvent.

Mais parfois, la situation est telle que la présence d’un adulte est nécessaire. Pour cela, nous pouvons être un médiateur.

Si besoin être médiateur de la situation:

  • laisser les enfants s’expliquer et intervenir seulement si nécessaire.

Comme dit dans le paragraphe précédent, il est important que les enfants apprennent à régler leurs différents par eux-même. Ici, la situation est plus envenimée qu’habituellement, c’est pourquoi, vous êtes présent et laissez les enfants gérer la situation, vous êtes là en temps de médiateur et n’intervenez que si besoin.

  • Si vous intervenez, partez à la recherche de solution(s ), évitez le pourquoi.

Le problème est présent, mais il est trop tard pour changer le passé. Maintenant, ce que nous cherchons, c’est une solution pour résoudre le problème actuel, afin qu’il disparaisse. Et s’il réapparait, il pourra ensuite être plus rapidement résolu !

Les enfants doivent trouver une solution qui le convient (permettant de réparer leur erreur et pas une punition). Pour cela, vous pouvez demander par exemple: “Que peux-tu faire, quand tu te sens …. sans blesser qui que ce soit ?”, “As tu quelque chose d’autre à disposition? “

Il est vraiment primordial ici que la solution soi propre à l’enfant. L’idée doit donc provenir de l’enfant lui-même.

  • La solution est individuelle

La solution doit être adaptée et convenir toutes les personnes touchées par ce conflit et ce, au moment du conflit. En effet, une solution peut convenir à un groupe, mais pas à un autre. Elle peut convenir et être efficace à un moment T, mais plus du tout 6 mois plus tard. Chaque enfant est un individu unique, pour la même raison, nous pouvons dire que les groupes sont uniques. Les enfants évoluent et grandissent, il en est de même de leurs besoins.

C’est pour cela qu’il est préférable que ce soit les enfants eux-mêmes qui partent à la recherche d’une solution.

En aval:

Le groupe est formé, les règles de la vie en communité ont étés évoquées et pourtant certains problèmes se répètent régulièrement. Là aussi, il y a des options pour vous. Il est possible de:

  • reparler des règles misent en place ensemble

En début d’année tout le monde est motivé à suivre les règles dont nous avons mit en place ensemble, mais avec le temps, ces règles vont aux oubliettes, c’est pourquoi il peut être bien de jeter et rethématiser le sujet de temps en temps.

  • créer des parlements d’enfants

Des sujets dont nous n’avions pas pu anticiper en amont apparaissent, il est important d’en parler et pour cela, nous pouvons instaurer des mini-parlements afin que les enfants parlent des problèmes entre-eux (et pas à chaud !) et cherchent ensemble des solutions.

  • de jeux de rôles

Des jeux de rôles peut être un moyen rigolo de découvrir l’autre facette de la situation. De voir la situation sous un autre angle. Mais faîtes attention de ne pas perdre le contrôle de la situation, car s’ils ne sont pas fait sous de bonnes conditions, cela peut vite déraper.

  • actualiser les règles de vie en communauté au besoin.

Parfois une règle était importante a un moment donné, mais n’est plus adaptée à la situation actuelle, c’est pourquoi il est important d’analyser les règles de temps à autre et de les réactualiser au fur et à mesure.

Voilà, maintenant vous avez les clefs en main pour mieux gérer les conflits au sein de votre groupe (en évitant les excuses bidons!). Bien-sûr, parfois les anciennes habitudes reviennent au galop et nous réglons le problème à la place des enfants, demandons de s’excuser, etc… Mais le but est de faire de son mieux ! Avec le temps, vous allez vous habituer (ainsi que les enfants) à cette nouvelle manière de faire et vous verrez que les sujets récurrents ne seront plus aussi présent au sein de votre groupe.

Écrivez-moi en commentaire quels outils vous utilisez afin de mieux gérer les situations de conflits.

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comment 7 commentaires
  • Isa

    Maman d’un petit garçon, je te remercie pour cet article très éclairant, je vais essayer de m’en inspirer à la prochaine bêtise de choupinet ! 🙂

  • Aline

    Merci pour cet article dans lequel tu traite d’un sujet très intéressant et qui est d’ailleurs et très bien amené. Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu expliques. Je vois bien d’ailleurs que quand je demande à mon fils aîné de s’excuser lors d’un conflit avec son frère, il fini par le faire mais sans conviction et sans aucune intention derrière. Et au final le problème se répéte. J’essaie tout de même de lui donner des pistes d’action et de de l’aider à regler ses difficultés différemment pour qu’il parvienne un jour à gérer la situation de façon plus adaptée.

  • Anne Prudent

    A l’époque où je gardais mes nièces en plus de mes propres filles, j’avais cinq enfants sur lesquels veiller et les conflits qui allaient avec. Quand ça n’allait plus, je séparais les adversaires afin qu’elles puissent se calmer chacunes dans leur coin. J’allais les voir à tour de rôle pour discuter de leur point de vue, de leurs préoccupations et j’essayais d’établir un dialogue quand je les sentais plus disposées. Des fois, ça marchait mais pas toujours… J’étais alors vraiment dépassée !
    Merci pour cet article très instructif !

  • yseult

    Je suis une adepte de laisser les enfants régler leurs conflits (bon bien sûr jusqu’à un certain point) mais en même temps si les adultes y mettaient moins leurs nez, je pense qu’ils se débrouilleraient très bien tous seuls.

  • Virginie

    Alors je serais hyper preneuse de commentaires ou d’une réponse sur – jusqu’à quel point – laisser les enfants en autonomie dans leur conflit? Sur le principe, assez d’accord avec l’article, mais concrètement, comment on juge d’un conflit « acceptable »… Niveau sonore? hihi, aucun blessé? quels critères d’intervention donc selon vous? merci! sujet intéressant!

    • activites-en-pedagogie.com

      Bonjour, c’est un très bonne question.

      – Lorsque je vois un conflit, je me mets à proximité des enfants et écoute d’une oreille discrète.

      – La violence n’a pas lieu d’être, peu importe le conflit. S’il y a de la violence (physique comme verbale) je mets le hola.

      – S’il y a un blessé, la personne qui blesse est responsable du blessé. Il doit donc veiller jusqu’à ce que le blessé aille mieux.

      – Si c’est au niveau sonore très bruyant, je tends encore plus l’oreille pour voir se qu’il se passe. Si c’est trop émotif (pleures, cris, insultes), il peut être bien en effet d’intervenir et de demander à ce que chacun se calmer avant de continuer. Pour cela, il existe différentes techniques (notamment des exercices basés sur la respiration).

      Afin de mieux gérer la situation, en préambule j’explique aux enfants les 5 règles à suivre pour régler un conflit correctement. Et lors des conflits, je montre sur mes doigts les différentes étapes afin qu’ils mémorise le déroulement. La première étape étant l’une des plus importantes à mes yeux est: de se calmer. Il ne faut surtout pas la négliger.

      J’ai prévu de publier un article au sujet des règles à suivre pour règler un conflit ainsi que des techniques faciles et rapides pour calmer dans les jours à venir.

      J’espère avoir répondu à votre question,
      Marie

  • Bastienne

    Je suis tout à fait d’accord avec ces excuses demandées par les adultes qui n’ont aucun sens. Elles sont comme un pansement qui chercherait à arrêter une hémorragie. Elles sont là pour la forme. Je pense que chaque enfant (et personne quelque soit son âge) a en effet besoin de sentir que les excuses sont réelles, que l’autre a bien pris conscience des conséquences de ses actes, et dans ce cas, il s’agit de regrets sincères, et pas d’excuses à la va-vite pour se débarrasser du vrai problème.

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